dimanche 14 novembre 2010

Manger 5 fruits et légumes par jour


Tiens, faisons une expérience.
Prend un fruit sur ta table dans la corbeille, ou va le cueillir dans le frigo ou le cellier.
Mors-y dedans, et décris-moi tes sensations.
Généralement les gens disent que c'est sucré, croquant ou tendre, juteux, acide parfumé, pourri, insipide...

Mes parents (vietnamo-franco-guyano-martiens) utilisent assez souvent un terme pour qualifier les fruits d'ici en Guyane, que j'ai eu beaucoup de mal a retranscrire en français jusqu'à maintenant, et que vous aurez certainement du mal à replacer : « chat » [se prononce tchat ou chatte] qui signifie « astringeant » - cad la sensation désagréable et plus ou moins franche d'avoir la langue et l'intérieur des joues comme assechés ou recouvert d'une couche de plâtre, et qui ordonne de se racler la langue et boire un grand verre d'eau (sans que ça passe). Je trouve ça interessant de découvrir des sensations totalement 'nouvelles', comme le jour où j'ai avalé une petite cuillere de Glutamate en croyant que c'était du sucre en poudre...

En métropole, il y a finalement peu de fruits astringeants : certains kakis, le coin, la poire quand elle n'est pas mûre. Par contre, un vin rouge bien rapeux donne exactement cette sensation, c'est je crois lié aux tanins.

En Guyane donc, on retrouve la sapotille, certains types de banane, le fruit du jacquier, la goyave un peu verte etc...
le jacquier de la maison
Un autre adjectif que l'on emploie assez peu en métropole mais dont mes parents abusent pour qualifier les fruits : « beo » que l'ont peu traduit par « gras » ou « gourmand/nourrissant » : bien sûr il y a l'avocat que tout le monde connait, un peu le corossol, certains types de banane (pas de chance en métropole il y a toujours la même banane) le paripou qui est le fruit d'une espece de palmier qui un peu le goût du coeur d'artichaud, et surtout le must des fruits 'beo' : j'ai nommé le Durian (lui c'est une vraie savonette, il est tellement gras que les gens le mettent dans le congélateur , il se transforme alors en glace crémeuse)


Un dernier adjectif vietnamien pour la route : « tan ». Là je n'ai pas de mots concis en français pour décrire ce type d'odeur désagrable : c'est l'odeur du poisson (même frais), c'est l'odeur du chien mouillé, c'est l'odeur de pisse dans les toilettes public... en fait, c'est une odeur tellement entetante ou prenante que je le mettrait au même rang que le musc, une odeur que tu pourrais palper, qui passe dans la langue et qui donne envie de cracher. Encore une sensation étrange.
Note : au vietnam il existe une plante aromatique « tan » qui est appréciée par certains (et redoutée par d'autres)

jeudi 4 novembre 2010

Tiques Attaquent

La nature envoie parfois des signaux évidents pour certaines espèces et totalement invisibles à  d’autres. Tenez il y a des années, j’avais assisté à un envol de fourmis mâles qui avait voilé le ciel, après une bonne averse – j’ai compris l’horreur des récits bibliques ce jour là- . Je ne sais pas comment font ces bébêtes pour se passer le mot à travers tout Cayenne (et certainement au delà)  , ça doit être une histoire de phéromones. « hey les gars ! vous sentez y’a d’la meuf royale ! aller on y va tous !! » . Comme des bœufs. Ils sont tombés comme des mouches.

Et ben là y'a quelques jours : c’était pareil . Mais avec des Tiques. Horrible. J’ai pas d’autres mots. J’ai en tête l’image de hordes de zombies attirées par l’odeur du sang chaud, qui grimpent aux murs, tous dans la même direction, en criant en langage tique : « on veut du boudin!!! » . Ces bêtes là n’ont pas de cerveau, qui a été avantageusement remplacé au cours de millénaires d’évolution par un ventre capable de se distendre++ . Toute proportion gardée, c’est comme si je pouvais gonfler mon ventre telle une montgolfière (bonjour l’aérophagie !). Pauvre Milou notre chien , il a été la première victime de ces suceuses. Pour s’en débarrasser, les bombes insecticides n’ont pas suffit à décrocher les grappes de tiques… papa a eu la géniale idée de badigeonner au pinceau Milou avec de l’essence*. Un regard extérieur aurait pu voir un chinois en train de préparer la crémation de son chien pour le manger. La solution au sans plomb 98 a été radicale.

Tic (et Tac) et un boudin
(bon ça va hein, j'ai pas trouvé d'autre illustration)

La prochaine fois, je vous parlerai d’un autre fléau qui survient a l’occasion de grandes pluies de la saison des pluies… (roulement de tambours) … préparez-vous a l’invasion des escargots africains! (« quand y’en a un ça va, le problème c’est quand y’en a plusieurs » dixit Hortefeux)

* la solution est inspirée d’une méthode locale pour se débarrasser des poux d’agoutis (parasites locaux qui infestent les forets) : il s’agit de se frotter tout le corps avec du rhum, et notamment les plis et replis de la peau si vous voyez ce que je veux dire ! Mais bon, on n’allait pas gaspiller des litres de rhum pour faire flamber Milou quand même !

dimanche 31 octobre 2010

Bonne Année! (Hmong)

Aujourd'hui, la communauté Hmong fête son nouvel an, au village de Cacao 

Alors que j'étais assis en train d'assister à une démonstration de danse traditionnelle et son cortège de costumes aux couleurs chamarrées (voire kitch) et aussi sonores qu'un jackpot à Las Vegas, j'aperçois un mouvement de foule converger vers une personne.
L'ineffable M.Yahoo me lance un regard complice, l'air de me dire :
-        va prendre une photo avec « miss Monde » !
-        Miss Monde ?? , je m’étonne de la présence de miss Monde a Cacao, qui je le rappelle est un village d'agriculteurs au cœur de la foret.  Je ne dis pas que Cacao ne mérite pas Miss Monde, mais qui sait, elle a peut être un faible pour les ramboutans
-        Vas-y vite!
-        et là je dégaine mon appareil photo et j'entraîne ma maman pour qu'elle puisse me prendre en photo aux bras de Miss.... Miss Hmong !
… effectivement, miss Monde ou miss Hmong, ça se prononce pareil pour qui a un fort accent...
      N'empêche, elle est quand même drôlement belle la miss Hmong. Et elle est plus petite que moi !

Ps : j'eus espérer participer aux jeux d'eau qui ponctuent cette fête, et recevoir quelques bassines d'eau sur la tête, et par la même autant de bonheur tombant sur ma tête comme la pluie. Mais ces manifestations de joies mouillées ne se font qu'en soirée, histoire de ne pas refroidir les touristes …

jeudi 28 octobre 2010

3,2,1, dodo!



 Du temps quand j'étais encore jeune et insouciant, comme tout bon guyanais qui se respecte je n'ai jamais visité le centre spatial guyanais CSG, et encore moins assisté à un lancement de la fusée (sinon depuis chez moi, le nez en l'air attiré dehors par un truc qui brille dans le ciel au loin... 'ah oui c'est ça, 2s et puis ?... je vais retourner devant Cote Ouest...' un brin désabusé par l'éphémère exploit). Et c'est effectivement assez curieux que la Guyane et les guyanais, ne se soient jamais intéressés de prêt à l'un des joyaux du pays; le carnaval, les télénovelas, et les morsures de chien font plus de lignes dans le canard local qu'Ariane – sauf la fois où Ariane 5 a explosé en plein vol-
Oui vraiment la fusée a du mal a s'intégrer dans l'espace guyanais, je comparerais ça à la sensation d' agacement du moustique qui viendrait troubler la douce sieste dans un hamac à l'ombre d'un cocotier.



Et je comprends ce désamour. Explication de texte.
Lorsqu'en métropole les média se font le relais du lanceur Ariane, on s'amuse du contraste saisissant entre l'immense foret vierge et la fusée vitrine des technologies de pointe.  Sûr que le contraste entre   la fusée-qui-valait-quelques-milliards et la situation socio-sanitaire-economique des guyanais est moins amusant. Pourtant il est là le fond du problème, la base spatiale n'apporte pas grand chose à la Guyane, il n'a pas beaucoup développé le tourisme spatial, il n'a pas permis de créer suffisamment d'emploi pour les locaux, il n'apporte aucune réponse aux questions d'immigration et le défi démographique, il n'a pas changé l'image dangereuse de la Guyane. Mais peut-être qu'il ne le peut pas. Et sûrement qu'il ne le souhaite pas. Bref, le CSG, c'est le club med à la sauce coloniale. Je ne pense pas changer d'avis avec l'implantation des lanceurs russes Soyouz et italien Vega (aura t'on les honneurs des visites de Medvedev, Berlusconi et Sarkozy?)


J'ai donc assisté au décollage d'Ariane V dans la salle Jupiter – réservée au VIP! Vous savez, la grande salle vitrée avec les ingénieurs, techniciens et big boss derrière la glace, et nous en train de regarder les écrans géants et les voyants verts (en espérant secrètement qu'un voyant passe au rouge pour voir la fourmilière s'agiter). Jupiter était donc remplie...de touristes métro, de quelques locaux, de chefs amérindiens habillés à l'occidental, des grands officiels guyanais en uniforme, et des gros clients d'Ariane Espace.

Les quelques minutes du décollage d'Ariane vu depuis les balcons de Jupiter étaient magiques ; on aurait dit un lâcher de lanternes chinoises en 'plus vite, plus haut, plus fort' ;  imaginez vous un "kamehameha" dans la nuit noire, voilà c'est exactement ça!   



Le prologue et surtout l'épilogue avaient moins de saveur, comme la double désagréable sensation de débandade et cirage de bottes,  d'auto congratulation entre maîtres du monde, sans même un merci ou une référence pour la Guyane, la France ou l'Europe... Bref, un défi technologique mais surtout une sacrée bonne affaire commerciale !!

ps :
j’apprends 2 jours plus tard que un des deux satellites mis en orbite n’est pas tombé en marche…
« un coup d’épée dans l’eau comme on dit »*

* L’expression vietnamienne consacrée est : « c’est comme verser de l’eau sur la tête du canard »
car comme vous le savez, la tête du canard ne mouille pas
Coin coin

vendredi 15 octobre 2010

De la poterie Amérindienne en terre de Guyane

      par Joseph, envoyé très spécial de l'Arlequin d'Argile
      [les propos tenus ici n'engagent cependant que la responsabilité de son auteur]

-en préambule, une ou deux précisions-
      La Guyane est une mosaïque de cultures: terre de très forte immigration (quelques 120 nationalités) dont ni l'Histoire ni l'économie et encore moins la culture n'arrivent pas à cimenter une histoire moderne commune.
Il n'y a donc pas de culture guyanaise, mais des cultures amérindienne,  créole, negmarron, annamite, occidentale et des apports culturels libanais, chinois, hmong, laossien, brésilien, haïtien, péruvien, africain etc... 

      Les Amérindiens ne sont pas Guyanais … de même que les indiens d'amérique ne sont pas étasuniens, ou que les bushmen ne sont pas australiens. Je ne peux me résoudre à l'idée que des peuples dont les territoires s'étendaient par delà les fleuves et les cimes des plus grands arbres soient aujourd'hui parqués et réduits à quémander aides sociales quand ils ne sont pas empoisonnés au mercure, à l'alcool.

      Je ne parlerai donc pas de poterie guyannaise, mais bel et bien de poterie amérindienne (Et je dirai même de poterieS amérindienneS car il existe 6 communautés autochtones, mais j'ignore si toutes en font encore de manière traditionnelle.)
     
      Pour en finir avec mes chipotages : je me refuse à utiliser le terme de « céramique » comme équivalent à « poterie ». La poterie améridienne reste quasi-exclusivement utilitaire et traditionnelle. Elle est un artisanat, pas un art, bien que ancrée dans une mythologie. Vous voilà prévenus :D

      Aller, suffit de blablater, il est temps de découvrir!
En avant pour l'aventure avec moi ! Et n'oubliez pas vos répulsifs à bébêtes.

premiers pas, premières désillusions :(
      [encart publicitaire
      Le touriste lambda repartant de Guyane emportera avec lui, outre de grandioses images tout plein la tête, une maquette de la fusée Ariane, quelques poussières d'or, du vieux rhum et des papillons & monstruosités curieuses sous verre et divers objets d'artisanat en bois précieux locaux. Les plus avertis et accros pousseront le vice a ramener fruits exotiques (bonjour la compote à l'arrivée), pépites d'or, animaux exotiques, pagaies saramaka et la fameuse crevette guyanaise dont je pourrai vous en parler des heures, de la crevette sauvage guyanaise
Mais diable! Personne ne pensera à rapporter une poterie.]
 
      Pour vous dire, j'avais même, à mon arrivée, de sérieux doute sur l'existence d'une tradition potière – ayant vécu 5 ans en Guyane durant mon adolescence sans jamais avoir ouï-dire de poterie ni de près ni de loin (bon j'avais d'autres préoccupations à cet âge là faut dire)
      La maison du tourisme de Cayenne, centre névralgique et cœur palpitant de la culture guyanaise, se trouva bien dépourvue quand la question de la poterie artisanale lui fut naïvement posée (par moi).
A la foire d'Octobre de Cayenne, évènement majeur du monde de l'artisanat guyanais, je n'ai même pas vu l'ombre d'une poterie.
      Les magasins de souvenir chinois, réputés pour faire passer des araignées africaines pour guyanaises, eux-même n'avaient-ils pas encore flairé le filon de la poterie locale ?
     
      La recherche de poterie en Guyane commençait à sentir mauvais caca-chien comme on dit chez moi
      et prenait le même chemin de l'Eldorado, enfiévré et obsédant,  pour l'aventurier de la poterie que j'étais
      -je me jète des fleurs vous l'aurez remarqué-

pas de pépite, mais des paillettes
      La Guyane si elle est un eldorado, est aussi une tour de Babel où le « français petit nègre + les expressions corporelles » font office de langue internationale du commerce.
Un jour comme un autre donc, alors que mon père (vietnamien) baragouinait affaire avec  M. Yahoo* (hmong) autour d'une soupe sur la place du marché, j'ose interpeler ce dernier à propos ce qui nous intéresse à cause de ce qu'il est originaire du  village mythique de Cacao ;
- M. Yahoo est-ce qu'il y a de la poterie à Cacao ?
- est-ce qu'il y a de la « poitrine » à Cacao ?
-de la poterie ! - et mes mains de mimer la forme généreuse d'un vase...
- de la « poitrine » à Cacao ? - et ses mains de mimer à son tour la forme généreuse d'une femme
- … des vases, des pots en terre!
- ah !!! je vois
- :D
 M. Yahoo me confirma ce jour là ce que je savais : que les hmongs ne font pas de poterie, mais de la poitrine de buffle/porc. Mais plus important encore car je ne le savais pas : un «métro» s'était installé récemment comme potier à Cacao et que son commerce avait un certain succès.
La piste était maigre mais comme je voulais absolument aller à Cacao pour d'autres raisons, j'y suis allé aussi pour la poterie.

[a parte]
La route menant à Cacao offre un point de vue remarquable sur la foret primaire majestueuse, s'étendant à perte de vue. Dense et présentant  parfois des pelades , il faut savoir que certains de ses princes dépassent les 50m...

* [retranscription phonétique de la langue Hmong], n'a rien a voir avec www.yahoo.com
M. Yahoo a 13 enfants, dont un qui s'appelle Joseph. Mais l'intérêt majeur n'est pas dans cette coïncidence, il est dans le fait que ce joseph là est chasseur de papillons professionnel – et même qu'il est le principal fournisseur des magasins de tourisme de Cayenne, me dit son père gonflé d'orgueil. Et qu'il m'a invité à passer quelques jours à chasser le papillon ! Dont le fameux morpho... et aussi à passer à Cacao pour le nouvel an Hmong ! [histoires a suivre]

Sur la route de Cacao
     Par un dimanche matin, je conduisais donc Maman en 4x4 assister à la messe chrétienne au village de Cacao. « Quel dommage que nous arrivame à la fin de la célébration! » m'écriais-je, à cause de l'état des sentiers ! Et pour ceux qui pense que j'ai trainé des roues pour ne pas aller à la messe, je le dis sans arrière pensée: je regrettais ce retard, parce cette épisode dominical m'a rappelé le film Mission (sublime entre tous, relatant l'évangélisation des amérindiens par les jésuites et la rédemption possible du plus mauvais des hommes touché par la grâce )  parce que la cote menant à l'église donnait sur une belle battisse en bois  dans le style hmong au milieu de la nature sauvage avec au mur des peintures naïves 'd'artistes' locaux, parce que depuis la cote l'on entendait les cantiques en langue hmong et qu'en  atteignant le sommet, je découvre des fidèles dans leur habit traditionnel, en rang selon leur sexe et leur age, tournés vers l'autel et les 3 prêtres : hmong, créole et métro !

      Dieu, qui est potier* nul ne l'ignore, écoutera-t'il la prière d'un autre potier en quête de poterie ?
Aide toi et le ciel t'aidera... a oui j'ai failli oublié, aussi je partis à la recherche du potier de Cacao. Oh, pas bien longtemps, son atelier/commerce étant fléché dans le petit village dépourvu de toute signalétique.Le potier s'appelle Jean-Philippe, que dire sinon que sa poterie n'a rien de traditionnelle guyanais...il tourne au tour électrique et cuit au four, sans email, des pots de terre nériée polies, sans beaucoup de charme selon moi. Je passe aussi vite que ma déception est grande.

 
* ça me rappelle (pas très bien) une très belle histoire, tirée d'un film dont j'ai oublié le titre.
3 enfants juifs devaient passer une épreuve initiatique en répondant à une contreverse théologique : « de quel couleur de peau était Adam ?» Le premier enfant blanc répondit à brule pourpoint parce qu'il savait par cœur le verset idouane , mais avec toute la retenue qui seyait à un sacrement, Adam était blanc de peau  etc...
Le second enfant noir, moins assuré ne serait-ce que par son plus jeune age sinon par la démonstration patente du premier, réussit également à épater le parterre venu le juger, Adam était noir de peau etc...
Notre troisième enfant éthiopien adopté par une famille blanche n'avait pour lui ni la connaissance parfaite des écritures saintes et encore moins la couleur de peau qui vient appuyer son propos, car il répondit  qu'Adam était Rouge de peau, parce qu'il était fait d'argile. Ce à quoi tout le public venu assister à cet escrime théologique applaudit de bon cœur, peut être pour saluer la logique et la victoire de l'enfant devenu jeune homme, mais certainement soulagé qu'une telle contreverse qui facilement aurait pu apporter une pierre à l'édifice de la haine, retombe comme le soufflet plein d'air.
En cet instant, je ne sais pas si les larmes de joie de l'enfant éthiopien avaient conscience de la grâce qu'elles apportaient aux spectateurs devant l'écran. Enfin moi j'en ai pleuré.

[to be continued]